mardi 6 avril 2010

Poissons d'avril, de mai, de juin...


Les vrais amateurs de plongée sous-marine ne survolent pas la moitié du monde pour venir voir les fonds marins omanais. En revanche, s'ils sont en vacances par là, il leur arrive de piquer un plongeon, et peuvent alors faire de belles rencontres.


Il nous a fallu pas mal de temps avant d'oser nous baigner dans les eaux souvent turquoises du littoral omanais. Avec les enfants, la tâche s'avérait parfois légèrement complexe. Surtout quand le petit dernier a commencé à vouloir se balader seul, vers 6 mois. 
Mais à tour de rôle, nous avons bravé notre terreur de croiser deux ou trois monstres marins, et nous avons découvert ce monde fascinant et insoupçonnable.


Mais auparavant, notre curiosité avait été aiguisée par les nombreuses espèces de poissons étalées à même le sol dans les divers souks de poisson.
Le premier que nous ayons visité subi nous a laissé une grande empreinte olfactive. Sour, corne de la péninsule Arabique, fin septembre, 11 heures du matin, soleil au zénith, 40°C à l'ombre, poissons pêchés la nuit (au mieux), têtes et nageoires, viscères et branchies poussées dans un coin, chats errants salivant à quelques mètres...en cherchant dans nos souvenirs, l'odeur insoutenable revient en force...
Nos petits poissonniers parisiens posent leurs proies écaillées sur des lits de glace, alors que là, au mieux, c'est sur une natte à 2 rials, en plastique tressé. On apprécie alors la petite brise qui vient de la mer et qui aère un peu tout ça. Elle manque cruellement dans les souks de poissons des villages de l'intérieur. 
(la pêche est embarquée dès le retour du bateau, dans des containers isothermes à l'arrière de pick-up: photo en bas à gauche du montage de Gwendoline de Dubaï)


Les hommes vendent, en négociant, d'autres s'occupent de préparer le poisson, à grand renfort de barres de fer qui tapent sur le couteau sale et pas aiguisé. Parfois un peu d'eau par un tuyau bien vieux, bien sale...on comprend que le poisson soit toujours bien cuit !


Donc l'épreuve est pour le nez et pour les pieds qui pataugent dans un peu d'eau glauque : évitez les tongs qui claquent en aspergeant tout autour, et les pantalons trop longs. 


Les yeux, eux, vivent un festival:


Des couleurs et des imprimés:


Des dents acérées des requins menaçants, des raies, des poulpes, ou espadons:


(notez le carrelage bien propre...)


Pour aller voir ce qui se passe sous l'eau, un peu de route pour sortir de Mascate, on repère un petit port de pêche tranquille, ou on va dans les endroits touristiques (à peine sortis du 4x4 ou du car de tourisme, les enfants vous proposent le prix de la balade en bateau à moteur). C'est sûr, pour l'option du port désert, mieux vaut parler 3 mots d'arabe. Surtout quand vous demandez à votre "taxi" de vous déposer, et de venir vous chercher dans 30 minutes précises, parce que le soir même, vous êtes invités à un dîner chez des amis, et que vous avez encore une bonne heure de route pour rentrer... 


Puis on s'équipe. Masque-tuba suffiront, des chaussures de plongée si on veut poser le pied au sol...les oursins sont énoooooooooooormes, et atteignent parfois 15cm. Ca traverse la chaussure (hein, Noé ?)
En avant !
Tous les poissons vus au souk sont susceptibles d'être là, évoluant dans un récif de corail. C'est magnifique, les couleurs sont somptueuses. Murènes, raies et serpents de mer savent se faire très discrets. 
Et si vous êtes très patients, opiniâtres, et un peu chanceux, vous pourrez même danser avec les tortues... I did it ! Avec Séverine, qui vous raconte ça mieux que moi !!!
Remuer tous ces souvenirs me donne une faim de loup, vite, un tour chez mon surgeliste parisien, un peu de poisson en carré...ahhhhhhhhh !
A la prochaine !